Politique

Musée de l’esclavage : un enjeu hautement politisé pour un 1er février

La commémoration de l’abolition de l’esclavage, vendredi, a été marquée par les promesses de part et d’autres pour la création d’un musée intercontinental de l’esclavage. Si le Premier ministre, Pravind Jugnauth, a réitéré, au Morne, sa promesse de faire de l’ex-hôpital militaire, situé à côté de l’Apravasi Ghat, à  Port-Louis, un lieu de mémoire digne de ce nom pour rappeler ce qu’ont enduré les esclaves à Maurice, l’opposition l’a vertement critiqué à Pointe-Canon, Mahébourg.

« C’est vrai que le projet est en train de prendre un peu de retard », reconnaît le chef du gouvernement. « Des experts de l’Unesco ont fait plusieurs recommandations qu’il nous faut prendre en considération », justifie-t-il. Samedi, lors de la conférence de presse du gouvernement, Bobby Hurreeram, son porte-parole, a souligné que la promesse faite sera respectée.

Le projet d’un musée retraçant le vécu des esclaves date de novembre 2011, lorsque la Commission Justice & Vérité avait recommandé sa création dans son rapport.  Chaque année, lors des discours des politiciens à l’occasion du 1er février, jour de la célébration de l’abolition de l’esclavage, le projet refait surface. Le 7 avril 2016, le Conseil des ministres a approuvé la création du musée de l’esclavage dans l’ancien hôpital militaire. 

L’objectif est de faire de l’Intercontinental Slavery Museum un point de relais de plusieurs pays, dont Maurice,  Mozambique et Madagascar — qui faisaient partie du réseau relatif à la traite des esclaves au cours des 18e et 19e siècles.
Vendredi, l’opposition, en rangs séparés, est venue rendre hommage à Pointe-Canon. Paul Bérenger, leader du MMM, a fait « un appel spécial au gouvernement en ce qui concerne la nomination de la personne appropriée et du budget requis pour la gestion du musée ».

Navin Ramgoolam, leader du Parti travailliste, n’a pas manqué de rappeler, pour sa part, « que le musée, c’est mon projet ». Il accuse le gouvernement de ne pas faire le nécessaire pour faire avancer le dossier et souligne que cela traduit bien le peu d’intérêt porté au dossier.

Xavier-Luc Duval, leader de l’opposition et du PMSD, trouve « regrettable » que le gouvernement fait du surplace par rapport à la création de ce musée et souligne que « la lutte des travailleurs engagés et celle des esclaves est identique ».