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Tinagaren Govindasami : un dresseur qui a du… flair

Tinagaren Govindasami Tinagaren Govindasami prône un dressage sans douleurs ni stress.

Tinagaren Govindasami raconte que devenir comportementaliste animalier professionnel était un rêve d’enfant. Ce Mauricien de 39 ans travaille pour la société Crown Protection Services à Londres. De passage sur son île natale, il a fondé un groupe de dresseurs de chiens à Flic-en-Flac.

L’amour de Tinagaren Govindasami pour les chiens est ancré en lui depuis qu’il a six ans. À l’époque, son premier fidèle compagnon est un chien errant surnommé Rocky. À 17 ans, il achète Bart, un berger allemand, pour Rs 3 000. Cette somme d’argent, il dit l’avoir gagnée en travaillant dans un pet shop après son Higher School Certificate, en attendant de trouver un emploi décent. Par la suite, cet habitant de Souillac fait un bref passage dans le domaine de la santé publique, mais il se rend compte que ce n’est pas sa vocation.

À 22 ans, Tinagaren Govindasami met le cap sur la Grande-Bretagne. Son désir le plus cher : travailler avec ses amis canins. Faire du dressage de chiens son métier devient un but sacré. Et la vie le conduit doucement sur cette voie. Le jeune homme fait de modestes débuts en travaillant dans un refuge pour chiens. Il a des missions variées :  entretien de leur cadre de vie, préparation et distribution des repas mais encore surveillance de l’état sanitaire des animaux laissés à sa charge.

Au fil des années, Tinagaren Govindasami participe à l’éducation de ces animaux. Il entame en ce sens des formations dispensées par diverses institutions. Au bout de quinze années de patience et de persévérance, il devient comportementaliste animalier professionnel pour la société Crown Protection Services.

«Il n’y a pas lieu de stresser l’animal»

Le vendredi 18 janvier 2019, Tinagaren Govindasami foule le sol mauricien avec Strider et Tara. Ces deux bergers hollandais qui ont effectué le voyage depuis l’Angleterre viennent s’ajouter à la meute d’une dizaine de chiens de travail que le dresseur avait ramené à Maurice l’année précédente. Leur particularité : ils sont des working dogs dressés pour accomplir des tâches spécifiques.

Lors de ce nouveau séjour à Maurice, Tinagaren Govindasami a animé une formation de quatre jours intitulée Understanding Dog training & Basic Dog Handling, à l’intention d’un groupe de dresseurs et propriétaires de chiens, à Flic-en-Flac. « Les participants ont une notion basique du dressage des chiens. Ils emploient des techniques dures apprises auprès des soi-disant professionnels du domaine à Maurice », s’indigne Tinagaren Govindasami qui préconise une éducation canine positive.

Le comportementaliste et dresseur professionnel déplore le fait que « le dressage des chiens ne soit pas pris au sérieux à Maurice, alors qu’il y a un nombre croissant de propriétaires de chiens ». Il trouve regrettable que la formation ici soit assurée par des personnes qui ne comprennent pas les chiens. « Ces ‘formateurs’ sont mal avisés. Ils ne comprennent même pas ce qu’ils prêchent. »

Selon lui, les dresseurs de chiens à Maurice sont embrigadés dans des méthodes traditionnelles qui entraînent de vives douleurs chez un chien. Il explique qu’ils en sont encore, par exemple, à utiliser un collier étrangleur style piques ou électrique. À cause de ce manque d’éducation et de compétences, les chiens subissent inutilement un entraînement intensif, fait ressortir Tinagaren Govindasami.

D’où sa démarche de former un groupe de dresseurs de chiens mauriciens pour développer des compétences appropriées grâce à des outils et techniques professionnels. « Ayant plus de 15 ans d’expérience avec les chiens, je peux certifier que des problèmes peuvent être résolus sans stresser un chien. » Le comportementaliste animalier professionnel formé et diplômé en Angleterre martèle qu’il est impératif que le dressage se fasse sans infliger de peine aux animaux, tout en leur permettant d’exposer leurs comportements naturels.

Si durant ces quatre jours de formation le groupe de participants a changé d’état d’esprit et acquis des compétences, Tinagaren Govindasami, en tant que formateur approuvé par la Mauritius Qualifications Authority, affirme qu’il fera le va-et-vient entre Londres et Maurice pour former davantage de personnes. Il développera des programmes basés sur le comportement, le leadership et l’apprentissage positif.

À travers ces formations, le dresseur professionnel souhaite partager, sur le long terme, ses connaissances avec des gens passionnés par le domaine canin à Maurice. À ce jour, le jeune homme a dressé 5 000 chiens qui ont pu trouver une nouvelle vie et un équilibre grâce à son expertise. L’éducation, le langage et l’entraînement canins n’ont plus de secrets pour cet amoureux de nos amis les chiens…


Dans la peau des…Working Dogs

Passionné et voué à développer le plein potentiel des chiens, Tinagaren Govindasami est venu à Maurice avec Strider et Tara, dressés pour accomplir des tâches spécifiques. « Ils sont prêts à travailler. Ils peuvent être d’excellents outils pour la police et les services douaniers à Maurice », suggère-t-il.

Le comportementaliste animalier explique que la Crown Protection Services Ltd en Angleterre travaille en collaboration avec les forces britanniques et mondiales. « Nous fournissons des chiens à la police métropolitaine, à l’armée britannique et aux forces frontalières », précise le dresseur. Parmi les working dogs, il y a des chiens de recherche pour dénicher des explosifs, des armes à feu ou de la drogue mais encore des chiens de service pour la protection des VIP. Il y a aussi des chiens de thérapie pour assister les personnes malades.


Assis, couché, pas bouger…

Lorsqu’on éduque un chien par le biais d’une méthode positive, on cherche toujours à travailler sur sa motivation et sa coopération plutôt que sur ses éventuelles craintes et peurs. L’éducation positive est tout un art. Elle consiste à éduquer un chien en prenant en considération son état émotionnel, son caractère, sa sensibilité et son lieu de vie, explique Tinagaren Govindasami. 

Mais en cas de non-respect des règles de base en matière d’autorité et de dominance (apprentissage des ordres, réprimande parfois nécessaire, utilisation d’accessoires de dressage), le chien devient instable avec divers problèmes de comportements liés à l’anxiété. D’où la nécessité, explique-t-il, d’appliquer les bonnes techniques de dressage pour s’assurer que le chien est bien dans sa peau. « Pour entraîner un chien, il n’y a pas lieu de hurler. Cela peut se faire dans le calme. Petit à petit et avec de la patience, on peut apprendre à connaître son chien et l’aider à devenir bien élevé. Le dressage d’un chien est tout un parcours, qui va au-delà du simple fait de lui dire ‘Assis, couché, pas bouger…’ »