People

Adila Jaufurally : une artiste pétillante et talentueuse malgré son handicap

Adila Adila a dû quitter l’école dès son jeune âge à cause de son handicap.

Adila Jaufurally n’est pas de ceux à rester les bras croisés et à s’apitoyer sur son sort. La talentueuse artiste en herbe balaie son handicap d’un revers de la main pour laisser libre cours à son imagination. Ses créations sont originales et pleines d’espoir. Rencontre avec une pétillante jeune femme qui a plus d’une corde à son arc.

On dit souvent que le talent est inné, qu’il est favorisé par la génétique ou encore qu’il est réservé aux autres… Mais pour progresser dans la vie, Adila Jaufurally, 21 ans, estime qu’il suffit d’un peu de volonté et de confiance en soi et ce, malgré les aléas de la vie. Et la jeune femme, qui se déplace en fauteuil roulant, sait de quoi elle parle. Son handicap n’a jamais été un obstacle à sa réussite. Ce qui l’a peut-être ralenti à un certain moment c’est que quelque part elle n’y avait jamais vraiment cru.

À cause de soucis de santé liés à son handicap, elle a dû cesser l’école. Puis, un jour elle a pris son courage à deux mains pour changer la donne. En regardant des images sur Internet, elle a pris des crayons et du papier et elle a commencé à dessiner. La jeune femme, qui habite Allée Coco, à Plaine-Magnien, a profité de tout le temps passé à la maison pour s’instruire dans l’art

Des dessins, elle en fait tout le temps. Elle adore cela. Tableaux et objets décoratifs figurent parmi ses chefs-d’œuvre. À force d’en créer, elles les accumulent. Vu qu’elle a un cœur d’or, elle en fait cadeau à ses cousines et ses amis. Son plus grand souhait, comme l’explique son père Imran qui est ébéniste, est de tenir une exposition.

Mehndi artist

Les parents d’Adila font un appel pour le don d’un fauteuil roulant électrique.

Le talent d’Adila ne prend pas vie uniquement sur des tableaux. Elle est également une impressionnante Mehndi Artist. Si elle a commencé ses premières applications de henné traditionnel sur ses petites mains avec des motifs basiques, elle en impressionne plus d’un aujourd’hui avec des motifs plus complexes issus de l’Arabic Mehndi. La jeune femme propose aussi l’application du henné à domicile à toute personne intéressée.

Un des moments les plus marquants de sa vie remonte à l’an dernier. Cette année-là, elle a eu la chance d’appliquer une de ses créations de henné sur les mains de l’ex-présidente de la République au Château du Réduit. C’était un privilège pour la jeune artiste aux doigts de fée qui a plusieurs cordes à son arc. Adila, qui adore le maquillage, ne manque aucune occasion pour relooker toutes ses proches au moindre événement familial.

La pétillante artiste, qui est paralysée des hanches jusqu’aux pieds, n’a pas eu une enfance facile. Cinq jours après sa naissance, elle a dû subir une opération à cause d’une boule décelée au niveau de sa colonne vertébrale. Les médecins avaient affirmé qu’elle pourrait perdre la vie au cours de l’intervention ou que si elle venait à survivre, elle souffrirait d’un handicap. Ses parents ont tenté le coup et Adila a survécu. À 10 ans, elle a subi une deuxième intervention chirurgicale au niveau des pieds, mais cela n’a rien donné. Elle est incapable de marcher. Sa mère Sabina explique qu’elle marche à quatre pattes pour se déplacer dans la maison. Pour les sorties en famille, Adila circule en fauteuil roulant.

La jeune femme peut fort heureusement compter sur le soutien indéfectible de ses parents, ses frères et ses sœurs. Elle est traitée comme une princesse. Pour Sabina, le bonheur de sa fille passe avant tout le reste. Le lien qui les unit est fort, tant et si bien qu’Adila confie tous ses secrets à sa mère.

Elle a subi des moqueries

Ses parents font tout pour qu’elle ne manque de rien. « On lui donne tout ce qu’elle demande », confie Imran dans un éclat de rires. L’unique regret de ce père de famille est le fait que son enfant ait dû mettre un terme à sa scolarité, notamment à cause des moqueries qu’elle subissait en classe. Ce qu’il souhaite désormais c’est de trouver un enseignant qui puisse donner des cours à domicile à sa fille. Imran veut tout faire pour que sa fille soit bien dans sa peau. Pour cela, il pense qu’un fauteuil électrique spécialement conçu pour les handicapés pourrait grandement aider Adila. Il lance donc un appel à la générosité du public.