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Aquaculture : XLD demande l'annulation du projet Growfish

Contrairement à Xavier-Luc Duval, le ministre Prem Koonjoo accueille les projets aquacoles, dont celui de Growfish.

L’aquaculture n’attire pas les requins. C’est ce qu’a déclaré le ministre de la Pêche, Prem Koonjoo, répondant à la PNQ du leader de l’opposition vendredi. Xavier-Luc Duval a demandé l’annulation du projet aquacole de la firme Growfish. Il vise à produire 100 000 tonnes de poisson par an au large de Bambous. Il a affirmé qu’il y a un lien entre l’aquaculture et la présence de requins-taureaux et de requins-bouledogues dans nos lagons.

Prem Koonjoo souligne que la production de poissons des lagons a diminué, passant de 900 tonnes en 2011 à 560 tonnes en 2017, alors que la demande annuelle locale est de 26 000 tonnes. « L’importation comble le manque de poissons sur le marché. L'aquaculture est un moyen privilégié pour atteindre l’autosuffisance. 20 sites ont été identifiés pour développer des activités aquacoles à grande échelle. 10 sites ont été identifiés pour des projets d'aquaculture à petite échelle : deux sites à Grand-Gaube, deux à Poudre d'Or, deux à Quatre-Sœurs, deux à Bambous Virieux et deux à Grand-Riviere Sud-Est. Des cages flottantes ont été installées par le ministère pour un coût de Rs 11 millions et allouées à dix coopératives de pêcheurs depuis 2017. » Le premier projet d'aquaculture à grande échelle a débuté en 2002 par la Ferme Marine de Mahébourg. Sa production, initialement de 300 tonnes, a atteint 1200 tonnes par an. Elle vise maintenant les 5 000 tonnes

Rien à craindre

Les techniciens du ministère ont enquêté sur divers sites. « L’enquête n'a révélé aucune présence de requins à proximité des cages flottantes. Mes officiers ont aussi recueilli des informations auprès de la Ferme Marine de Méhebourg : aucune attaque de requins n'a été signalée sur leurs cages flottantes à Vieux Grand-Port», assure Prem Koonjoo.

Or, le 29 mai 2018, la compagnie a informé le ministère que, le 25 mai, le filet d’une cage flottante à Pointe-aux-Feuilles avait été coupé à trois endroits distincts, entraînant la fuite de centaines de poissons. Les entailles montraient clairement une intervention humaine, dit-il. L’ancien Board of Investment (BOI) avait commandité une étude en 2017 sur la corrélation entre activités aquacoles et présence de requins dans la région. L'étude, entreprise par le Dr Jeremy Kiszka, chercheur de l'université de Floride et expert en écologie, conclut : «Il n'y a pas de preuves dans le monde que les fermes aquacoles conduisent à une hausse de la fréquence de morsures de requins chez l'homme. L'aquaculture n'a pas d'impact sur la prolifération des requins ».

Des projets respectueux de l’environnement

Prem Koonjoo ajoute : des exercices de surveillance et des études écologiques autour des dix cages flottantes sont régulièrement menés par les techniciens du ministère. Des prélèvements d’eau autour des cages sont aussi analysés. « Une étude de l’Université de Maurice a révélé que les nutriments provenant des cages nourrissent les coraux, d’où une augmentation de la population de coraux». Projets futurs : le ministre précise que La Ferme Marine de Mahébourg occupe huit sites et que la compagnie Growfish a dû revoir son site d’exploitation. Ses cages seront basées à quatre kilomètres au large de Bambous à 400 mètres de profondeur. La compagnie Mascareigne Oysters sera basée à Bois-des-Amourettes, ainsi que la ferme Arago.

Xavier-Luc Duval pas convaincu

Xavier-Luc Duval a rappelé que deux rapports gouvernementaux de 2015 et de 2017 mentionnent la nécessité de revoir les lois sur l’aquaculture. Prem Koonjoo réplique que le Fisheries Bill sera bientôt présenté. Présentant des photos de requins pris dans nos lagons, Xavier-Luc Duval a affirmé que l’expert Jeremie Kiszka n’a passé que deux jours à Maurice pour établir son rapport. « Des poissons carnivores se sont échappés des cages de La Ferme Marine de Mahébourg et risquent de menacer les espèces locales. Et à La Réunion, on a enregistré une vingtaine d’attaques de requins, dont neuf fatales». Prem Koonjoo réplique : « En plus de 70 ans, Maurice n’a connu aucune attaque de requins. »


L’AHRIM pas convaincu

Il n’y aucun compromis entre l’Association des Hôteliers et Restaurants de Maurice (AHRIM) et la firme Growfish. L’affaire est devant la justice, indique Jocelyn Kwok, directeur de l’AHRIM, qui conteste l’octroi de l'Environmental Impact Assessment par l’État à la firme. D’où l’injonction obtenue contre ce projet. L’association n’est pas convaincue que les fermes aquacoles n’attirent pas les requins.

Jérémie Kiszka a passé plus d’une semaine à Maurice

L’expert Jeremie Kiszka a passé un peu plus d’une semaine à Maurice, contrairement aux dires du leader de l’opposition. Ses collaborateurs nous ont confié que la présence de requins dans le lagon n’est pas liée aux cages aquacoles. Le lien requins-aquaculture n’est toujours pas prouvé. Il est aussi scientifiquement établi que les coraux ont connu une forte croissance sous les cages de Pointe-aux-Feuilles.