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Atma Shanto placé en détention : «Bann la inn donn mwa dipin sek»

Atma Shanto

Une première expérience vécue. 45 minutes derrière les barreaux. Le syndicaliste Atma Shanto raconte ses premiers pas dans le milieu carcéral. Il a été arrêté jeudi et placé en détention après avoir refusé de payer les frais de justice d’un procès qui lui avait été intenté.

«Bann prizonie  la in demann mwa ki fer mo la ? » Tels sont les propos du syndicaliste Atma Shanto qui a été incarcéré à la nouvelle aile de la prison de Beau-Bassin, jeudi. Le porte-parole de la Fédération des travailleurs unis (FTU) décrit avec émotion l’atmosphère lourde de la prison.

« Dès que je suis arrivé, les officiers ont effectué les procédures administratives. Ils m’ont fouillé et par la suite, un Nursing Officer m’a examiné. »

Une fois cette étape franchie, Atma Shanto a fait ses premiers pas dans une cellule. « Ils ont ramassé mes effets personnels, notamment ma bague, mes chaînes. Ils m’ont demandé de retirer mes chaussures. Puis, je suis entré dans une cellule où il y avait d’autres détenus. Apre bann-la inn donne mwa dipin sek ek mo koumanss koz ek bann detenus-la », relate-t-il tout ému. Après 45 minutes, dit-il, un gardien de prison lui a annoncé qu’il devait retourner devant le tribunal de Port-Louis.

« Je suis retourné en cour dans l’après-midi. Le magistrat m’a demandé de signer des documents, car mes amis avaient réglé la dette. Je suis reconnaissant envers mes amis syndicalistes qui sont restés solidaires. Le combat continue et le moral est toujours haut », indique Atma Shanto.

Le syndicaliste avait été arrêté plus tôt le jeudi 28 juin, pour diffamation contre un membre de l’Employment Relations Tribunal. C’était lors d’un rassemblement à Roche-Bois. Atma Shanto a ensuite refusé de payer les Rs 600 de frais de justice que le magistrat lui a imposés.  C’est Ashok Subron qui est venu à sa rescousse. Le porte-parole de Rezistans ek Alternativ a réglé la dette. Atma Shanto devra comparaître à nouveau de la justice en février 2019.
Cette arrestation a été dénoncée par les dirigeants des confédérations syndicales du secteur public et du privé qui se sont réunis au jardin de la Compagnie à la mi-journée de jeudi 28 juin.