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Corinne Nadal Allock : la reine des poupées de chiffon

Corinne Nadal Allock Corinne Nadal Allock, qui voue une véritable passion à son métier, se dit fière que ses poupées voyagent aux quatre coins du monde.

Corinne Nadal Allock excelle dans l’art de donner vie à des morceaux de tissu pour les transformer en poupées de chiffon. Ses « midinettes », comme elle les surnomme, sont typiquement mauriciennes. Une touche locale qui séduit beaucoup les touristes.

C’est au siège social de sa localité, à Trou-d’Eau-Douce, que Corinne Nadal Allock a appris à donner vie à des chutes de tissu. « Outre la broderie et le crochet, j’ai appris à créer en transformant des vêtements », confie la femme entrepreneur. C’est comme cela qu’elle a découvert sa voie qui est de confectionner des poupées en toile. Pour avoir une clientèle plus ciblée, à l’instar des touristes, elle explique qu’elle a fait un peu plus de recherches sur la confection des poupées.

Son métier d’artisanat, Corinne Nadal Allock l’exerce depuis plus de 32 ans. Ses premiers produits sont exposés dans un magasin situé dans le plus prestigieux hôtel de la région, Le Touessrok. Grâce à la gérante de la boutique, ses poupées trouvent leur place sur les étagères. Petit à petit, elles commencent à attirer l’attention des clients de l’établissement qui finissent par se laisser séduire. « Les touristes ont toujours eu un penchant pour ce qui est très typique de notre pays », explique-t-elle.

L’encouragement des touristes incite la femme entrepreneur à aller de l’avant. Cette fois, elle décide d’exposer ses produits à travers des filières mises en place par la National Handicraft Promotion Agency. « Je confectionne des poupées qui représentent surtout les figures mauriciennes, tels que les danseurs de séga ou encore des femmes vêtues à l’orientale. J’ai toujours misé sur la mixité des ethnies de la société mauricienne. »

Demande grandissante

Pour répondre à l’appel grandissant du marché, Corinne Nadal Allock fait l’acquisition de machines à coudre grâce à un prêt obtenu de la Banque de développement. « Si, dans un premier temps, je devais coudre, placer et attendre pour qu’il y ait une vente et pouvoir recevoir de l’argent, aujourd’hui j’ai des commandes régulières », indique-t-elle fièrement. Elle se remémore les moments difficiles qu’elle a vécus : « Avec peu de liquidités, je devais faire avancer la production. J’estime que maintenant j’ai pu me faire une place sur le marché et je m’en sors assez bien. »

Où se procure-t-elle ses matières premières ? La femme entrepreneur explique que par tradition, les poupées de chiffon sont faites à partir de chutes de tissu, de vieux T-shirts ou de vieilles taies d’oreiller. Mas elle en fabrique aussi avec du tissu qu’elle achète dans le commerce. Sans compter l’achat du coton qui sert au rembourrage.

En pleine saison touristique, Corinne Nadal Allock parvient à compter sur l’aide de son époux. Ce chauffeur de taxi qui opère à Trou-d’Eau-Douce n’hésite pas à mettre la main à la pâte. Durant les périodes creuses, la femme entrepreneur ne chôme pas. Elle poursuit la fabrication de ses poupées pour constituer son stock. Depuis quelque temps, elle diversifie sa production, que ce soit en termes de dimensions ou au niveau du marché ciblé. Elle confectionne également des poupées plus articulées que ses précédents modèles.

Son expertise dans ce domaine étant reconnue, Corinne Nadal Allock a ainsi eu le bonheur de partager son savoir-faire avec de jeunes entrepreneurs rodriguais. Ces derniers peuvent désormais fabriquer eux-mêmes des poupées typiquement rodriguaises. 

La chef d’entreprise a fini par prendre plaisir au métier. « Je ne compte pas m’arrêter de sitôt. Ce travail est devenu une véritable passion. Mes poupées voyagent maintenant aux quatre coins du monde. Elles rendent les gens heureux. Et j’en suis fière ! » conclut-elle.