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Dans une école de Chemin-Grenier : une enseignante porte plainte contre son employeur

Sharmila Sharmila a saisi l’Equal Opportunities Commission.

Sharmila est convaincue que ses problèmes ont commencé dès l’instant où elle a porté plainte contre son ancien employeur pour non-respect du paiement du salaire minimal, mesure introduite en janvier dernier. L’ex-enseignante de 32 ans dit avoir été suspendue et qu’elle n’est passée devant aucun comité disciplinaire.

«J’ai fait mon malheur en réclamant à mon employeur mon salaire minimum », estime Sharmila. Cette enseignante de 32 ans a été suspendue, le 20 février 2018, par le directeur d’une école préscolaire de Chemin-Grenier où elle exerçait depuis juin 2015. Sauf que depuis, aucun comité disciplinaire n’a convoqué la jeune femme.

Elle estime que ses problèmes ont commencé quand elle a porté plainte contre son employeur. « J’étais employée dans cette école pour un salaire mensuel de Rs 5 000, avec une promesse de toucher Rs 8 500 après six mois de service. Mon patron m’avait enregistrée auprès de l’Early Childhood Care and Education Authority (ECCEA) », raconte-t-elle.

Après deux ans et demi, elle a constaté la contribution prélevée sur son salaire n’avait jamais été versée au National Pensions Fund. « J’ai porté plainte au bureau du Travail et au Citizens Advice Bureau. Quand le salaire minimum a été introduit en janvier, j’ai dénoncé mon employeur. Après cette action, le directeur a été convoqué au ministère du Travail. Il était mécontent de mes démarches. Il m’a fait de vives reproches. Il a menacé de me licencier si je ne cessais pas mes plaintes au bureau du Travail », explique Sharmila.

Le 20 février 2018, il a mis ses menaces à exécution. La jeune femme a reçu un SMS du directeur l’informant de sa suspension jusqu’à nouvel ordre. « Je ne suis passée devant aucun comité disciplinaire. Mon employeur ne m’a pas dit si j’étais licenciée ou pas. J’ai appelé l’ECCEA. Un officier m’a dit de réclamer une lettre à mon ancien patron attestant de mon renvoi afin que je la présente au bureau du Travail. J’ai rencontré le directeur le lendemain. Il a refusé de me donner cette lettre. J’ai également été physiquement et verbalement agressée par le gérant », allègue la jeune femme.

Blessée au genou, elle s’est rendue à l’hôpital pour des soins. Elle a ensuite porté plainte à la police contre le gérant. Bien que convoqué à plusieurs reprises au bureau du Travail, le directeur de l’établissement scolaire ne s’est jamais présenté. Entre-temps, Sharmila a saisi l’Equal Opportunities Commission. « J’estime avoir fait mon travail avec conscience. Le directeur et le gérant m’ont mentie et maltraitée à tort », conclut Sharmila.

Contacté, Leevy Frivet, responsable de communication au ministère du Travail, a indiqué qu’une enquête a été ouverte. « C’est une grave infraction de ne pas verser les contributions d’un employé au NPF. De plus, tout employeur qui ne paie ni compensation salariale ni salaire minimal à ses employés risque une amende de Rs 50 000. Si l’employeur refuse de venir à une convocation du ministère, il sera poursuivi devant la cour industrielle.»

Le directeur de l’école : «Je nie toutes les allégations»

Sollicité pour une réaction, le directeur de l’établissement a nié en bloc toutes les allégations formulées par Sharmila. « Elle a été renvoyée en raison de ses faibles performances et des plaintes des parents. J’ai eu une rencontre avec le ministère du Travail. Je suivrai ses recommandations par rapport à cette affaire. »