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Il a été séquestré, volé et tabassé - Wafick : «J’ai été martyrisé pendant cinq heures»

Wafick Wafick a échappé à la mort.

Wafick (prénom fictif), 37 ans et chauffeur de taxi, a été attaqué par des voleurs encagoulés dans la nuit du vendredi 29 juin. Il a été battu et séquestré pendant cinq longues heures avant d’être abandonné à Bambous. Une plainte a été déposée au poste de police de Line Barracks. La victime raconte son calvaire.

«Mone trouv lamor pe vinn sers mwa… » Tels sont les propos de Wafick en se remémorant sa mésaventure du vendredi 29 juin. Le chauffeur de taxi se trouvait à la station de taxi de Port-Louis, vendredi soir. Vers 20 heures, un individu l’a approché pour lui demander de faire une course. Le passager lui a demandé de le conduire à Morcellement Raffray, à Terre-Rouge pour récupérer ses deux copines et les déposer à Baie-du-Tombeau. Le chauffeur accepte.

Arrivé à Terre-Rouge, ce ne sont pas deux femmes mais trois hommes qui attendent, encagoulés et munis d’armes tranchantes et d’outils. « Les trois hommes sont venus rencontrer leur complice, le soi-disant passager. L’un d’eux, sous la menace d’un couteau, m’a demandé d’ouvrir mon coffre pour y déposer ses sacs. Effrayé, j’ai obéi. Mais quand je suis sorti de la voiture, il m’a immobilisé. J’ai été projeté au sol et roué de coups. Les autres m’ont ensuite ligoté les mains et les pieds, puis bâillonné avec une bande adhésive. Ils m’ont jeté à l’intérieur de mon taxi et un des malfrats a pris le volant », raconte la victime.

Assené plusieurs coups

Wafick relate qu’en cours de route, les voleurs se parlaient. Il a compris que ses agresseurs lui avaient volé une somme de Rs 3 500 et son téléphone portable. Les suspects l’ont couvert le visage avec un t-shirt. Les suppliant de l’enlever, celui qui le surveillait lui a assené plusieurs coups de poing à la tête. Il a alors gardé le silence et les bandits ont continué de converser. Wafick les a entendu dire qu’il fallait récupérer de la drogue. « Je soupçonne qu’ils avaient de la drogue car il y avait une drôle d’odeur dans la voiture. Ils ont également parlé d’un braquage mais je n’ai pas pu tout comprendre car ils se parlaient en code », explique Wafick.

Au Défi Quotidien, le trentenaire confie qu’il a, à nouveau, demandé qu’on lui enlève le t-shirt du visage car il suffoquait. Mais un des voleurs l’a agressé avec une arme tranchante. « Linn dir mwa si mo kontinie koze li pou pik mwa ek li pou touy mwa. Monn senti mo leker batt dan mo mole. J’étais coincé entre les coussins et je tremblais. J’ai cru que j’allais mourir entre leurs mains. J’ai été martyrisé pendant cinq longues heures. Ils me cognaient sans cesse la tête contre la portière. Je pense qu’ils étaient sous l’influence de drogue et qu’ils planifiaient un braquage », frémit-il.

Wafick ajoute qu’à un moment, un pneu de la voiture a éclaté. Les malfrats ont cherché un pneu de rechange mais il n’y en avait pas. Ils ont alors abandonné le véhicule et Wafick avant de prendre la fuite. « Ce n’est qu’après plus d’une demi-heure que j’ai pu me libérer. Si ce pneu n’avait pas éclaté, je serais probablement mort et jeté dans un buisson. Après avoir enlevé le t-shirt, j’ai pu respirer convenablement. Je me trouvais à Bambous et il faisait noir. Il devait être environ 1 h 30. Il n’y avait personne et je n’entendais que des aboiements. J’étais terrifié », indique Wafick.

Calvaire

La victime raconte avoir klaxonné à plusieurs reprises car il y avait des maisons autour mais personne n’est sorti. Il a alors crié et un individu est venu. Wafick lui a raconté son calvaire. « Cet homme m’a conduit chez lui et m’a donné un verre d’eau. J’ai informé mes proches qui ont alerté la police », confie-t-il. Après avoir fait une déclaration au poste de police de Line Barracks, il s’est rendu à l’hôpital.

Wafick dit craindre pour sa sécurité de peur que ses agresseurs ne s’en prennent de nouveau à lui. Le chauffeur de taxi affirme que, dans ce métier, ils font souvent face à ce genre de problèmes. « On travaille pour gagner notre vie mais certains nous attaquent. Nous ne sommes plus à l’abri. J’ai fait appel aux autorités pour qu’elles revoient la loi », dit-il.

Ce sont les limiers de la brigade criminelle de Terre-Rouge et de Bambous qui s’occupent des cas de vol avec violence. Les enquêteurs comptent visionner les caméras de surveillance. Ils ont déjà dressé une liste de suspects et envisagent de les convoquer dans les jours à venir. La police a récupéré le taxi aux besoins d’enquête.