Magazine

Immersion dans la caverne féerique d’Hayat Dowlut

Hayat Dowlut Hayat Dowlut (à dr.), en compagnie de son épouse et de son fils.

« Sésame ouvre-toi. » Le petit musée d’Hayat Dowlut est une véritable caverne d’Ali Baba où sont jalousement conservés 5 020 objets d’antan. Situé à la route des Pamplemousses à Plaine-Verte, ce lieu invite à la découverte d’un monde féerique. Il accueille des passionnés d’objets anciens prêts à s’immerger dans l’univers des Mille et une nuits.

Ce musée, qui s’étend sur 12 mètres carrés, renferme bien des trésors dans une ambiance à faire pâlir Shéhérazade. Lianes, lumières tamisées, objets dorés… Tout y est pour créer une ambiance digne d’un conte de fées. « Je reçois beaucoup de mannequins, aussi bien que des reines de beauté qui viennent chez moi pour prendre des photos dans ce décor féerique », confie Hayat Dowlut. Le décor, fait entièrement à la main par le maître des lieux, se prête au jeu.

Entassés ici et là, des objets hors du commun grouillent dans ce musée. À l’instar d’une caméra datant de 1918, d’une calculatrice vieille de 95 ans, d’une carafe qui date de 1911, ou encore d’une ancre de 200 ans. Ceux qui souhaitent se rappeler leur enfance seront servis en découvrant les tanga, les primus à pétrole, les réchauds à charbon, les marmites en fonte, un téléviseur en noir et blanc, un fer à repasser à charbon, etc. La liste est interminable.

Mémoire vivante

la caverne féerique
Le musée renferme 5 020 objets en tous genres.

Pour Hayat Dowlut, chaque objet qui autrefois faisait partie du quotidien témoigne de l’histoire de Maurice. Ils renferment une mémoire pour les nouvelles générations et rappellent des souvenirs aux plus âgés.

« Je suis entouré de toute une mémoire vivante. C’est avec fierté que je partage ces moments d’histoire avec ceux qui me rendent visite. Ici, ils n’ont pas besoin de payer pour admirer ces belles choses. Ils sont d’ailleurs nombreux à me faire des petites donations », fait ressortir le propriétaire des lieux.

Sa collection a pris naissance il y a deux ans. Tout a commencé avec une vieille balance. « Je l’avais repérée au coin d’une rue. On l’avait jetée. Je l’ai nettoyée et remise à neuf. J’ai été tout de suite envahi par l’envie de trouver d’autres objets d’antan. J’ai approché les personnes âgées pour savoir si elles pouvaient m’en donner. Ces derniers étaient heureux, car ils se plaignaient que leurs enfants ne veuillent pas ramasser ces ‘vieilles choses’ qui allaient finir à la poubelle », raconte Hayat Dowlut.

Alors qu’il est spécialisé dans la décoration de mariage, Hayat Dowlut se retrouve propulsé dans la peau d’un chineur qui crée sa collection d’objets d’antan. « À travers le bouche-à-oreille, les plus âgés ont appris ce que je faisais. Depuis, ils viennent me léguer leurs objets empreints de souvenirs », précise Hayat, qui n’hésite pas à se déplacer à travers l’île pour étoffer sa collection.

Mais l’espace restreint ne suffit pas pour abriter les milliers d’objets. Il souhaite aménager un musée à La Citadelle pour faire découvrir ses trésors.
« À travers cet endroit et cette collection, je rends hommage à mes parents décédés. Je souhaite exposer toute ma collection dans un lieu plus vaste. J’en ai déjà fait la demande aux autorités concernées. J’espère que je pourrai réaliser mon rêve », conclut Hayat Dowlut.