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Journée mondiale du tricot : au fil du tissage

Crochets, macramés, tricots, le tissage revient au goût du jour. Dans la déco comme dans la mode. Ce qui avait longtemps été considéré comme vieillot est de nouveau d'actualité. En marge de la Journée mondiale du Tricot, célébrée le lundi 11 juin, lumière sur cette nouvelle tendance.

Yolaine Eymeric.
Yolaine Eymeric.

Elle traverse la mode et les générations, s'invite dans la décoration intérieure des maisons modernes et des dernières tendances mode. La matière noble et naturelle des fils permet de créer des pièces uniques et originales. Du bout de leurs doigts, nombreux sont les créateurs et artisans locaux à être tombés sous le charme de cette nouvelle tendance.

Dilo Coco fait partie de ces marques qui ont su redonner ses lettres de noblesse au crochet en y apportant une touche de modernité et d'originalité. Sa créatrice : Yolaine Eymeric, une jeune Mauricienne de 29 ans. C'est son amour pour la mode, l'exotisme et le fait-main qui l'a poussée à lancer sa propre marque. « J'ai voulu rassembler boho-chic, plage et mode et en faire une création unique. C'est ainsi qu'est né Dilo Coco », raconte Yolaine. Elle confectionne des pochettes en crochet inspirées de l'exotisme de son île. Et pour se faire, elle utilise coquillages, graines organiques (collier cipaye), franges et y mélange couleurs, goûts et folies.

« Ce qui fait la particularité de mon travail, c'est cette touche artisanale locale fabriquée par des Mauriciennes en gardant le style 'beach-chic', dont les touristes sont friands ». Pour se démarquer, Yolaine puise sans cesse ses inspirations dans tout ce qui l'entoure pour faire de nouveaux designs de pochette. « Il faut oser le mélange de couleurs et de styles ». Son travail se différencie aussi par le fil en coton qu’elle utilise, un fil résistant.

Pour Yolaine, le crochet ne se démode pas, bien au contraire. « La vraie nouveauté naît toujours dans le retour aux sources. Le tricot aura toujours sa place dans la mode et la décoration. C’est de l'art, de l’imagination et surtout la magie de nos mains. Après tout, nous avons tous au moins une écharpe, un pull ou un bonnet dans notre placard ».


À la quête du nœud parfait

artisanat
Il faut toujours se réinventer dans le domaine de l'artisanat.

Les nœuds n'ont aucun secret pour elle. Orlane Lacaz fait de l'artisanat depuis son plus jeune âge. « J'ai grandi dans l'univers artistique et à 5 ans je savais peindre, faire du crochet et du macramé et je passais mes vacances dans les musées », confie Orlane. Elle raconte avoir développé une vraie obsession pour le crochet. « C'était plus qu'une simple passion. J'en faisais pour des amies et la famille, puis je me suis dit qu'il était temps de me lancer ».

Ce qui semblait vieillot s'est modernisé au fil des années. « Chaque pièce réinterprète le passé pour vous accompagner dans le futur », explique Orlane en parlant de Isloom. Elle était l'une des premières à proposer ce type de produits à l'époque. Une amie lui propose de placer ses produits dans sa boutique. Aujourd'hui, face à la concurrence, elle ne cesse de se réinventer. Abat-jour, galets, tapis, cache-pot et bien d'autres suspensions, elle innove en offrant des produits sur mesure et faits main. Orlane a fait de Isloom une marque reconnue pour la qualité de ses productions et de ses propositions.

« Je n'ai jamais cessé de me réinventer, même lorsque je commençais à être copiée. Lorsque j'avais lancé des dreamcatchers, j’avais vendu au moins 600, mais aujourd'hui je n'en fais plus ». Orlane teint elle-même son fil et peut produire jusqu'à 70 heures par semaine. « Les produits sont fabriqués en majorité avec des matériaux trouvés à Maurice », souligne-t-elle. La créatrice travaille avec des dessinateurs et artistes sur des tableaux en crochet.


La mode version macramé

Theva Pyneeandy

Theva Pyneeandy lance sa marque en 2014 alors qu'elle vivait en Corse. C'est ainsi que Vintidui voit le jour. De retour à Maurice et souhaitant partager ses connaissances avec d’autres, Theva lance en janvier 2017 Atelier by Theva. Elle invite ses copines à y participer et de bouche à oreille et, surtout avec le craze des réseaux sociaux, ses ateliers vont prendre rapidement une autre dimension. Plant hangers, wall hangers et sac en macramé et récemment des vêtements avec du crochet et du macramé, Theva s'active avec enthousiasme dans cette nouvelle aventure qui se présente à elle.

S'inspirant de ses voyages et de ses rencontres, la jeune femme ne souhaite pas reproduire ce qui est proposé ailleurs, mais plutôt faire la différence. « Je n'ai jamais cherché à me démarquer. Ma marque est juste différente de ce qu’on voit à Maurice ».

Bien que sa marque soit toujours présente à Maurice, elle s'est récemment envolée pour Bali où elle poursuit des ateliers aux côtés d'artisans avec lesquels elle partage sa passion. « Même si je ne suis pas à Maurice, les ateliers vont se poursuivre et celles à qui j'ai appris les techniques prendront le relais », fait-elle ressortir. Ses ateliers de macramé ont connu jusqu'ici un franc succès.


Plus qu’un «Passe-temps»

Tania Abellard

Elle a fait de son passe-temps son gagne-pain. Tania Abellard manie avec précision l'art du tissage. C'est au cours d’un tournant dans sa carrière qu'elle découvre l'art du tissage. « J’ai commencé par faire des recherches lorsque j'aménageais ma maison ». Tania fabrique alors son premier panneau en macramé. Séduite par l’univers de l'artisanat, elle lance Passe-temps. « Je ne connaissais que 4 à 5 types de nœuds, mais il y avait aussi l'aspect créatif derrière chaque pièce ». Elle commence à produire des petits formats avant de se lancer dans des grands formats face au succès de ses créations. Ses œuvres sont des pièces uniques.

Un mois de cela, en  quête d'originalité, Tania se lance dans le macramé africain. « Cela demande plus de dextérité, les nœuds sont plus petits et les détails épurés », explique Tania. Pour ce faire, elle utilise du fil aussi fin que de la ficelle, dans une variété de couleurs. Les secondes, les minutes et les heures défilent lorsque l'artiste se met à l'œuvre.

En effet, elle se fait un devoir de prendre au minimum une semaine pour chaque commande afin de rendre un travail parfait et minutieux. Ses œuvres peuvent mesurer jusqu'à deux mètres de largeur et de hauteur. « J'aime la versatilité de ce produit ».

C'est d'ailleurs grâce à cette versatilité que Tania est capable de donner une dimension artistique à ses créations.


Autour d’une même passion

Fabrique Atelier Déco

La Fabrique Atelier Déco, c'est l'histoire de trois amies qui se réunissent autour d'une seule et même passion : celle du tissage. Crochets, macramés, chiffons, cette nouvelle forme de déco n'a aucun secret pour Catherine Mersen, Séverine Tyack et Natacha de Chazal. Elles se réunissent autour d'un atelier afin de proposer des produits dans un seul et même esprit, celui de partager leurs connaissances. Deux fois par an, elles lancent une nouvelle collection autour d'un thème.

Des suspensions, décorations murales, des tablettes, des rideaux de séparation, mais également des cache-pots et des coussins en crochets ou macramé. « Nous adaptons cette tendance à Maurice en y intégrant du bois flotté pour en faire des étagères, par exemple, ou encore des coquillages pour la touche exotique », explique Séverine Tyack. Les créatrices de Fabrique Atelier Déco valorisent des créations conçues par d’autres artisans locaux et customisent des paniers en vacoa, notamment. « Nous faisons en sorte de rester à la pointe des dernières tendances. Nous avons, par exemple, lancé une collection avec des bois de cerf qui correspond à la décoration scandinave, très en vogue en ce moment », indique Séverine.

Et d'ajouter, « Ces deux dernières années, nous avons assisté à un retour au fait-main. L'artisanat est valorisé et apprécié à sa juste valeur. Le tricot, crochet et macramé nous rappelle les terrasses des maisons coloniales. C'est un retour aux sources et une rencontre entre le passé et le présent. Ils apportent une touche chaleureuse à la déco moderne ».