Faits Divers

A la recherche d’une maison, elle est escroquée - La victime : «Il disait connaître un ministre qui allait m’aider»

Une femme à la recherche d’un logement s’est fait berner par un individu, qui s’est fait passer pour le proche d’un ministre. L’homme a pu lui soutirer de l’argent contre la promesse de lui faire avoir une maison de la National Housing Company (NHDC), avant de disparaître.

Désillusion pour Kamla (prénom modifié). Cette mère de famille de 54 ans, une technicienne de surface, pensait avoir trouvé une âme charitable pour l’aider. L’homme lui avait promis d’intervenir en sa faveur, contre paiement, pour faire avancer son dossier. Une fois l’argent empoché, l’homme « providentiel » a disparu dans la nature. 

Kamla, domiciliée dans un village du Nord, est indignée. Mère de deux garçons, dont l’un, âgé de 21 ans, est sourd muet, elle voulait qu’ils puissent avoir leur propre chez-soi. « Là où nous habitons, c’est une dépendance. Mon cadet sourd muet est marié avec une femme souffrant du même handicap. Je voulais qu’ils puissent vivre dans de meilleures conditions », nous dit Kamla. 

Cela fait plusieurs mois qu’elle est à la recherche d’une maison. « Je suis allée à la MHC et là, on m’a dit qu’il fallait faire un dépôt de Rs 130 000 ». Comme elle n’était pas en mesure de réunir une telle somme, elle était désespérée. Mais la chance devait lui sourire. C’est du moins ce qu’elle pensait !

Présentations

Tout allait, en effet, changer le lundi 6 juin. Alors qu’elle est sur son lieu de travail, elle a été présenté à un inconnu par une collègue. Celle-ci avait surpris une conversation que cette homme avait eu au téléphone. Il parlait fort et faisait allusion à des maisons à vendre. Comme la collègue de Kamla connaissait la situation de son amie, elle a décidé de faire les présentations. Après avoir abordé l’inconnu, il l’a conduit auprès de Kamla. L’homme, la cinquantaine, s’est présenté comme un certain David, explique Kamla.

Elle lui a alors expliqué qu’elle cherchait une maison et qu’à la MHC, où elle s’était rendue, on lui a demandé un dépôt de Rs 130 000. « Il nous a confié qu’il travaillait déjà avec un ministre. Sa position lui offrait la possibilité d’activer les démarches auprès de la MHC. Il a alors pris son cellulaire pour faire des calculs », dit Kamla.

« Il est arrivé à la conclusion qu’il n’y avait pas lieu de débourser Rs 130 000. Il m’a dit que je pourrais verser Rs 8 000 et m’acquitter du reste par mensualités de Rs 2 500. Il m’a aussi informé qu’il y avait des maisons inoccupées à Pointe-aux-Piments », relate Kamla. Pour Kamla, c’était une aubaine. L’individu lui a toutefois réclamé Rs 10 000 pour entreprendre les démarches. « Je lui ai remis Rs 1 000. Le jour même, après le travail, ma belle-fille et moi sommes allées à Pointe-aux-Piments. Et là, on a constaté qu’il y avait effectivement des maisons inoccupées. » Une fois de retour à la maison, Kamla a rassemblé ses documents pour les remettre à l’inconnu. Mardi, elle a reçu un appel de sa part. « Il m’a dit de venir le rencontrer à Port-Louis le lendemain matin et de lui apporter l’argent. J’ai été emprunter Rs 5 000 à partir de la pension de mon fils. » 

Lettre de recommandation 

Mercredi, Kamla s’est rendue au point de rendez-vous devant le bâtiment du Paille-en-Queue. Elle était accompagnée de sa cousine et de sa belle-fille. « J’ai dû m’absenter de mon travail ce jour-là. Lors de notre rencontre, il m’a remis les papiers que je lui avais confiés deux jours plus tôt. Il m’a donné une enveloppe, me disant qu’à l’intérieur, il y avait une lettre de recommandation d’un ministre. Il avait l’air pressé et il nous a dit de nous dépêcher. J’avais Rs 5 000 sur moi, que je lui ai données. Mais il m’a demandé Rs 5 000 de plus. Cette fois, c’est ma belle-fille qui m’a prêté Rs 3 000. Il a pris la somme. »

Une fois l’argent en sa possession, le nommé David a demandé aux trois femmes de le suivre. Destination, le bâtiment de la MHC. Une fois sur place, il a passé un appel. « Il m’a dit qu’un certain Jeremy allait prendre le relais pour la maison et il m’a tendu son cellulaire pour que je puisse entendre les directives du nommé Jeremy. Celui-ci m’a dit de prendre les escaliers pour le rejoindre. » Mais alors que les trois femmes montaient les marches, elles se sont rendu compte que David avait disparu.

Elles ont rebroussé chemin pour savoir où il se trouvait. Elles sont même sorties du bâtiment, toujours sans trouver trace du dénommé David. « C’est à ce moment-là que j’ai réalisé mon erreur. Tout ce qu’il a raconté était faux », dit Kamla. Elle a été rapporter l’arnaque à la police des Line Barracks. Les deux hommes sont activement recherchés.

Après sa mésaventure, kamla n’a pas eu le courage d’aller en parler à son mari. Elle se retrouve maintenant avec des dettes. « C’est moi qui vais devoir trouver cet argent à remplacer », dit-elle, en promettant de faire plus attention à l’avenir.