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L’art floral et ses déclinaisons

L’art floral

L'art n'a pas de frontières. Surtout l'art floral ! Il se décline à l’infini sous forme de pâte à sucre, en tissu, en crochet ou d’autres compositions originales. Les plantes sont aussi source d’inspiration et de création. Allez, on vous fait une fleur : suivez le guide pour découvrir cette nouvelle forme d'art.

Corinne Francis et ses bouquets en tissu

Corinne Francis a tout quitté pour se lancer dans la confection de fleurs en tissu.

Ils sont autant originaux que durables ! Les bouquets de fleurs de Corinne Francis, 48 ans, n'ont rien à envier à ceux des fleuristes habituelles. Elle fabrique des bouquets en tissu, plus vrais que nature. C'est par la force des choses que de couturière de robes de mariée, elle est devenue femme entrepreneur. Après avoir travaillé dans des compagnies d’assurance, elle se retrouve en congé de maladie pendant un mois. « J’avais besoin de m’occuper et un jour alors que j’étais alitée, j’ai rêvé de fleurs en tissu. »

Ni une, ni deux, Corinne Francis s'attelle à créer en s'inspirant de ce qui se fait sur la toile. En quelques minutes, elle confectionne sa première fleur en tissu. À ce moment-là, elle ne sait pas encore qu’elle a du talent. Unique en leur genre, ses fleurs, inspirées des variétés naturelles, sont très prisées pour le côté déco de divers événements. « Les gens aiment le fait que mes bouquets peuvent être réutilisés. » En effet, ils s'inscrivent dans la durée et il suffit d’un coup de séchoir pour les dépoussiérer.

N’empêche que les créations de Corinne demandent patience et minutie. Elle doit d'abord « canger » ses tissus avec de la « poudre de cange », aussi connu comme du tapioca en poudre, avant de les placer sur du fil de fer, découper les pétales et les peindre. Le déclic provient de sa première expérience lors d'un mariage, il y a cinq ans. De la gerbe de la mariée aux bouquets décoratifs en passant par les boutonnières et les centres de table, tout est en tissu et porte la signature de Corinne. Depuis, l’entrepreneure enchaîne les événements, baptêmes, premières communions et anniversaires à travers sa petite entreprise, ‘La Belle Création Florale’. « Je travaille pour toutes les bourses et l'important, c’est de faire plaisir aux clients », assure Corinne.

Cora Thiboudois, accro des fleurs en crochet

Cora Thiboudois avait installé ses premières fleurs en crochet au Plaza à Rose-Hill.

Elle accroche ses fleurs en crochet un peu partout, histoire d'apporter un peu de couleur à son quotidien. Corda Thiboudois décline l'art floral à sa façon. Elle est l'une des seules à faire du ‘yard-bombing’ à Maurice. Investir une rue, recouvrir des troncs d'arbres, des grilles métalliques et des jardins, c'est l'objectif de cette jeune femme de 23 ans. Cora tient son amour pour la couture de sa mère. À l'âge de 13 ans, l’adolescente confectionne son premier travail au crochet. Une écharpe rose !

Après ses études tertiaires, elle découvre le ‘yarn-bombing’ qu’elle réalise pour la première fois non loin du Plaza à Rose-Hill. « Je voulais apporter une touche d'originalité et de créativité à une grille métallique fade et sans vie et donc, j'y ai accroché des petites fleurs. » Son objectif : attirer les regards, faire sourire les gens et apporter un peu de gaieté dans leur quotidien tout en embellissant l'environnement de couleurs.

Au-delà de sa passion, son amour pour l'environnement la pousse à participer à Miss Earth Mauritius. « Je souhaitais militer contre le ‘fast-fashion’, ces industries textiles qui poussent les gens à consommer plus. » Selon elle, de petites actions peuvent permettre de changer les choses. Pour échappatoire, la créatrice qui travaille actuellement comme Fashion designer et graphiste dans une usine, se ressource en faisant du crochet. « C'est mon grand anti-stress ! » Aujourd'hui Cora a des projets plein la tête, notamment celui de travailler sur un canevas grandeur nature pour la Journée mondiale du ‘yarn-bombing’, le 11 juin.

Melissa Mucktoom ou la douceur des fleurs

Melissa est souvent sollicitée pour des gâteaux en fleurs pour les mariages.

Melissa Mucktoom est la fée des fleurs en pâte à sucre. « Les portes se sont ouvertes pour moi sans trop d'efforts », confie-t-elle. La cuisine, c'est une histoire de famille chez les Mucktoom. « Chez moi, nous aimons tous cuisiner et à huit ans, j'étais déjà aux fourneaux avec maman. Je l'aidais à préparer des gâteaux et des brioches dès que l'occasion se présentait. » Melissa, fascinée par les gâteaux en 3-dimensions qui commençaient à se faire connaître à Maurice, décide de concocter son premier gâteau du genre.

Il lui a fallu beaucoup de pratique pour se perfectionner dans l'art du ‘cake-designing’. Car, comme elle l'avoue, c'est tout un art. « Dans le domaine de la pâtisserie et au-delà du métier, nous sommes des artistes ou nous le devenons… » Il y a sept ans, Melissa commence à fabriquer des fleurs en pâte à sucre. Depuis, elle n’a jamais cessé. « J'ai une grosse demande pour ces types de gâteaux surtout pour les mariages, les fleurs apportent une touche originale et glamour et cela change des modèles trop linéaires et graphiques », explique Melissa.

Pour ses compositions florales, la ‘cake designer’ puise ses inspirations de la nature. « C’est important que mes gâteaux aient cette touche naturelle et réaliste », souligne-t-elle. Au fil des années, elle a perfectionné ses créations en leur conférant du raffinement.

« Je joue sur les couleurs des fleurs pour donner de la profondeur et des contrastes à la texture. » La seule difficulté, c’est le séchage qui varie entre trois jours à une semaine.

« Il me faut travailler sur chaque pétale une à une, lisser les bords en appliquant les couleurs et y ajouter des touches finales et glacées si nécessaire », explique-t-elle. La confection de fleurs en pâte à sucre demande en effet précision et patience. Une fleur complète nécessite environ 25 pétales.

Régine Pougnet ne dort pas sur ses lauriers…

Régine Pougnet a appris à se réinviter après 25 ans de carrière comme fleuriste.

Régine Pougnet, 53 ans, est fleuriste en freelance. Cette habitante de Tamarin, motivée par l'amour de la créativité et le contact avec les clients, est sans cesse à la recherche de nouvelles techniques, afin de ne pas rester sur ses acquis. Ses longues années d'expériences lui permettent aujourd'hui de décliner ses créations florales et de proposer des bouquets plus originaux à ses clients.

« J’ai commencé ce beau métier, il y a plus de 25 ans. » Aujourd’hui, Régine se voit dans l'obligation de se diversifier, car l'art floral demande non seulement de l'expérience, mais aussi de la créativité et un regard artistique.

« J’aime rendre mes clients heureux, et la concurrence ne me fait pas peur, même si elle est rude à Maurice. À Curepipe où je travaillais, les magasins de « fleuristes » poussent comme des champignons. » Mais Régine n'est pas de celles qui copient... « Je préfère puiser mes inspirations des créateurs internationaux. » Émerveillée par les matériaux et les techniques de ces derniers, elle les adapte à ce qu'elle peut trouver à Maurice.

Chaque événement est pour Régine un défi et une nouvelle aventure. « Grâce à ce métier, j’ai découvert des endroits étonnants et superbes à décorer, des clients très exigeants parfois, mais je ne changerai mon métier pour rien au monde. » Pour elle, chaque client a son importance.

« Certains ont plus de moyens que d’autres, mais je traite chacun avec respect et selon leur budget, je me donne à fond pour que ce soit un succès. »