Economie

MCB Focus : prévision révisée de la croissance à la baisse à 3,8%

MCB Focus MCB Focus craint que les mesures annoncées dans le Budget ne soient pas mises en place dans le temps.

Avec des exportations totales nettes des biens qui ne progressent que lentement, MCB Focus a revu à la baisse le taux de croissance qui devrait descendre en-dessous des 4% escomptés.

L’évolution de la position extérieure du pays dégage une sombre perspective. C’est dans l’optique des dépenses que la publication MCB Focus revoit à la baisse sa prévision de croissance à 3,8 % pour cette année. Le document publié, le mercredi 27 juin, indique que les exportations nettes du secteur des services restent en territoire positif. Cependant, des inquiétudes demeurent quant aux exportations nettes des biens, d’autant que la valeur des importations ne cesse de grimper dernièrement. En sus, les exportations totales ne progressent qu’à un rythme modéré.

Au chapitre des mesures et politiques énoncées lors du dernier Budget, Gilbert Gnany, Chief Strategy Officer de l’institution, estime que si elles sont réalisées de manière approfondie et efficace, et en temps utile, elles aideront à l’amélioration de la compétitivité du pays et à répondre aux aspirations de développement.

« Il semble essentiel de se prémunir contre des résultats de certaines mesures qui pourraient engendrer des distorsions potentielles et aussi de préserver une répartition optimale des ressources. Un  autre domaine d’intérêt est lié à la promptitude de l’exécution des mesures envisagées, étant donné les retards observés dans la réalisation de projets au cours des années précédentes. Tout aussi important est l’éventail de tâches encore plus étendu pour relever les défis macroéconomiques majeurs. En fin de compte, il s’agit d’assurer la mise en œuvre des mesures macroéconomiques de façon soutenue et tangible, tout en favorisant une politique de gestion crédible de la dette publique et fiscale afin d’appuyer la croissance à long terme », explique-t-il.

Concernant les modifications multiples au régime fiscal, il estime que le pays s’éloigne davantage d’une approche simple et intégrée à une administration complexe et segmentée, destinées à stimuler des secteurs d’activités spécifiques. L’impact sur l’efficacité et la compétitivité, à moyen et long termes, de tels changements fiscaux requiert de la vigilance, note-t-il.

Gilbert Gnany aborde aussi les ambitions de l’État à réduire la part des dettes extérieures par 17 %, présentement à 12 % d’ici juin 2021 et aussi de diversifier le portefeuille de la dette en termes de devises étrangères.

« Nonobstant ce qui précède, la situation actuelle en matière fiscale et de service de la dette mérite toute attention, compte tenu d’un environnement économique fragile et de la réalisation prochaine de gros projets d’infrastructures. Dans ce contexte, les autorités font face à un redoutable défi à atteindre leur objectif d’abaisser le niveau de la dette du secteur public dans les années à venir. Visiblement, une amélioration rapide de presque trois points de pourcentage du ratio de la dette en juin 2021 paraît assez ambitieuse. Il est donc nécessaire qu’il y ait une politique fiscale prudente et disciplinée pour assurer que les fonds mis à la disposition de l’État soit perçus et utilisés de la manière la plus judicieuse, tout en s’attaquant aux risques potentiels de détérioration du profil de la dette », précise Gilbert Gnany.

Les estimations préliminaires à partir de son scénario de référence indiquent que la croissance l’année prochaine pourrait atteindre 4 %. Face à un environnement perturbé localement et sur le plan international, « il est essentiel que nous fassions preuve de vigilance dans l’évaluation des perspectives de développement au cas où elles soient affectées par des risques majeures.

La croissance dépendra en particulier sur la mise en opération opportune de la modernisation des infrastructures. Des délais ou un coup d’accélérateur pour la réussite des projets d’investissements-clés pèseront dans la balance. La croissance dépendra aussi sur l’application des mesures stratégiques, tout en garantissant de la fermeté sur des initiatives pour préserver l’environnement des affaires et soutenir les investissements du privé », résume le Chief Strategy Officer.