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Mondial 2018 : L'Argentine et Messi au bord du gouffre

La Coupe du Monde va-t-elle se poursuivre sans le meilleur joueur du monde ? L'Argentine et Lionel Messi peuvent encore éviter le désastre en battant le Nigeria mardi, mais cela ne suffira peut-être pas pour rejoindre en 8e de finale la Croatie et la France, elles aussi en piste mardi.

La grande trouille

Après deux matches, l'Argentine, vice-championne du monde en titre, n'a plus son destin entre les mains dans le groupe D. Une victoire face au Nigeria (18h00 GMT à Saint-Pétersbourg) est indispensable à sa survie, mais elle pourrait être insuffisante si dans le même temps l'Islande bat la Croatie, déjà qualifiée et largement remaniée, à Rostov.

En cas de nul ou de défaite en revanche, il n'y aura pas besoin de calculs savants et l'Argentine, déjà corrigée par la Croatie (3-0) et incapable de battre l'Islande (1-1), prendra la porte.

Mais l'ambiance de fin de règne qui s'est installée chez les Argentins n'incite pas particulièrement à l'optimisme. Et le principal espoir - le seul ? - s'appelle comme d'habitude Lionel Messi, qui avait déjà qualifié l'Albiceleste presqu'à lui tout seul au bout d'un horrible parcours qualificatif.

Problème, le génie argentin n'a rien montré de probant en Russie, renforçant encore sa réputation de "meilleur joueur du monde sauf en Coupe du Monde".

"Messi n'a pas perdu sa technique, il l'aura toujours à 45 ans. Par contre, dans une équipe qui n'a pas de repères collectifs, ça ne peut pas fonctionner pour lui", a relativisé l'ancien entraîneur de Nantes Raynald Denoueix, interrogé par l'AFP.

L'Argentine va en tout cas devoir trouver une solution. Car Messi a 31 ans et c'est peut-être un peu plus que son dernier match de l'édition 2018 qu'il pourrait jouer à Saint-Pétersbourg.
La Croatie pour la première place...

Pour la Croatie, il y a la première place et rien d'autre. "Nous ne perdrons pas demain", a assuré lundi le sélectionneur Zlatko Dalic avant d'affronter l'Islande.

Un point suffit en effet aux Croates pour s'assurer la première place du groupe D, et donner au passage un peu d'espoir à l'Argentine.

Pour l'équipe au damier, il s'agit de confirmer la très séduisante impression laissée lors des deux premiers matches et d'afficher un peu de constance, ce qui n'a pas toujours été sa qualité première depuis 1998 et la fameuse demi-finale atteinte en France par la génération Suker.

"C'est difficile de comparer deux générations. Le foot a beaucoup changé. Mais on a de très bons joueurs, un immense potentiel, comme en 1998", a déclaré Dalic.
"Cette année, mes joueurs évoluent encore plus dans des très grands clubs que ceux de 98. Mais cette équipe a fait beaucoup pour la Croatie. On aimerait les rejoindre, mais on prend match par match", a-t-il assuré.

Le technicien croate a été beaucoup moins bavard quant à la composition de son équipe, qui pourrait être assez largement modifiée. Les Croates ont en effet de nombreux joueurs déjà avertis - six parmi lesquels des cadres comme Rakitic, Mandzukic, Brozovic ou Corluka - et il s'agit d'éviter la suspension en 8e de finale.

La France aussi

La première place, c'est aussi ce que vise l'équipe de France, notamment pour... éviter la Croatie en 8e de finale.

"L'objectif est clair: assurer la première place", a confirmé le sélectionneur Didier Deschamps, tout en précisant que lui aussi ménagerait certains organismes lors du match contre le Danemark à Moscou (14h00 GMT).

"Ce match me permet de gérer mon groupe et de répartir un peu le temps de jeu, mais avec des situations qui ne sont pas les mêmes à chaque poste et pour chaque joueur", a expliqué le coach des Bleus.

Entre autres changements, le gardien Lloris, le milieu Pogba et l'attaquant Mbappé pourraient ainsi débuter sur le banc et laisser place à Mandanda, N'Zonzi et Dembélé pour affronter les Danois, qui finiront premiers du groupe en cas de succès.

Dans l'autre match du groupe C, l'Australie, qui a encore une petite chance de qualification, affronte le Pérou, déjà éliminé mais qui voudra offrir un bon résultat à son fantastique public.

© Agence France-Presse