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Vie précaire : les misères de Tazmeen

Tazmeen

Elle a à peine de quoi nourrir sa famille. Même l’intimité n’a pas sa place dans ce quotidien réduit à l’espace minimum. Mais Tazmeen garde espoir que son abri se transforme en une maison décente où ses enfants pourront grandir confortablement sans avoir peur que leur toit ne soit déraciné au moindre vent fort. Nous l’avons rencontrée sous un arbre près du Canal des Anglais à la route Militaire, Port-Louis.

10 heures. Tazmeen Mahomadally, 44 ans, embarrassée par une toux, nous invite dans sa vie étriquée. Après l’escalade d’une pente, nous arrivons au seuil de sa maison sise sous un arbre. Quatre feuilles de tôles, fixées à des poutres, servent de murs. Un semblant de toit, presque à ciel ouvert, est tant bien que mal recouvert de morceaux de plastiques étendus pour éviter le déluge en temps pluvieux. Nous sommes estomaqués !

Sur un lit, une petite fille dort blottie contre son nounours. En face, une autre fillette est assise. Elle a un rhume et elle n’est pas partie à l’école. Elle regarde sa mère raconter leur misère et autres difficultés. Leur abri témoigne d’une vie passée à entasser. Ranger, empiler et suspendre. Plier, replier et déplier. Pas d’armoires pour ranger les vêtements, ni de canapé pour s’asseoir. Cette pièce au toit où l’on peut entrevoir le ciel, sert de tout à la fois : chambre à coucher, salon et salle à manger.

Ce n’est pas évident d’habiter à cinq dans quelques mètres carrés, dit cette Mère courage. Tazmeen vit dans cet habitat précaire depuis dix ans avec ses enfants, dont deux fils de 19 et 13 ans t deux filles de 12 ans et cinq ans. La quadragénaire raconte qu’elle s’est retrouvée dans cette situation après s’être séparée de son mari toxicomane. D’un premier mariage, Tazmeen a deux autres enfants déjà mariés.

Après sa séparation, elle a pu s’abriter dans cette bicoque appartenant à un proche. Souffrant de troubles respiratoires, elle ne peut travailler. Cependant, s’il y a une chose sur laquelle elle veille absolument, c’est que ses enfants aillent à l’école. Car, pour elle, c’est le seul moyen de pouvoir sortir de cette misère.

Elle trouve parfois de quoi acheter à manger pour sa famille. Elle exprime sa gratitude aux personnes de la mosquée de la localité qui la soutiennent. Que ce soit pour la nourriture, des vêtements ou encore pour se rendre à l’hôpital. «Par la grâce de Dieu, j’ai à manger. Je veux juste trouver un logement où je pourrais dormir au chaud avec mes enfants », dit-elle, en essuyant ses larmes.

Chaque jour, c’est la prière et l’amour qu’elle porte à ses enfants, tous soudés malgré les aléas de la vie, qui l’aident à surmonter sa situation. Dans l’espoir d’une aide sociale, Tazmeen reste positive malgré sa maladie. Lorsqu’on l’a rencontrée, elle a reçu la visite de la présidente de l’aile Féminine de la Voix de Vallée-Pitot. Celle-ci est actuellement en train de recueillir des dons pour pouvoir construire une maison pour Tazmeen et ses enfants. Elle lance un appel à la solidarité des Mauriciens qui souhaiteraient se joindre à cette initiative.